Partager la page

Actualités > Changement climatique : l’Eure accélère sur la transition écologique

Actualité précédente

Changement climatique : l’Eure accélère sur la transition écologique

Actualité précédente

Agriculture Environnement Institution Sécurité

En-tête page
Partager la page

Le changement climatique était au centre de la session plénière du Département de l’Eure. La collectivité départementale prépare l’avenir et se dote de politiques et d’outils pour répondre aux enjeux de développement durable et de sécurité civile.

« Il faut cesser de dire, et de laisser dire, que la sécheresse et ses conséquences dramatiques cet été notamment sur le front des incendies, les inondations que nous avons vécues au printemps dernier, ont un caractère exceptionnel. Il faut partir du principe inverse, sans catastrophisme mais avec responsabilité, et admettre qu’on doit vivre avec ces aléas climatiques et… s’armer en conséquence », résume, lundi 14 octobre 2019, Pascal Lehongre, en ouverture de la session plénière du Département de l’Eure à Évreux.

L’exceptionnel ne l’est plus

Depuis longtemps, le Département se préoccupe d’environnement, d’écologie, de prévention des risques et développe des politiques souvent innovantes de préservation de la biodiversité et de protection de l’environnement.

C’est une première base mais cela ne sera malheureusement pas suffisant au regard des changements qui deviennent inéluctables. Ce qui pouvait sembler exceptionnel il y a encore peu, pourrait devenir la norme.

Dispositif sécheresse : utile et encore nécessaire

Le meilleur exemple est sans doute l’aide exceptionnelle proposée par le Département aux éleveurs pour faire face aux conséquences de la sécheresse 2018. Près de 300 dossiers éligibles, des aides allouées à hauteur de 280 000 € et la question du devenir de ce dispositif. « C’était initialement une aide exceptionnelle. Mais il suffit de regarder l’état des prairies pour se douter que la situation des éleveurs sera sensiblement la même en 2019 », constate Marie-Christine Join-Lambert, vice-présidente en charge de l’agriculture.

Le caractère exceptionnel de l’aide est donc posé et, avec lui, tout l’avenir d’une agriculture qui fait aussi une des particularités et la richesse de l’Eure. « Tous les agriculteurs souffrent de ces épisodes de sécheresse mais plus encore les éleveurs qui subissent, de plein fouet, ces aléas climatiques. Avec plus de 280 000 € débloqués, le Département fait œuvre utile pour des éleveurs dont la situation sociale est par ailleurs souvent délicate. Nous sommes au cœur de nos missions départementales », renchérit le Ministre, Sébastien Lecornu, qui prône également pour un accompagnement à long terme des agriculteurs eurois face à ces changements évoquant la nécessaire diversification des activités. Les circuits-courts notamment mais aussi la production d’énergie au travers les unités de méthanisation sont pointés par le Ministre comme des pistes à creuser.

Pas de défense incendie à deux vitesses

La même volonté d’anticiper et de prévenir anime le Département de l’Eure quand il aborde la question épineuse de la défense incendie et sa fameuse règle des 200 mètres.

Cette distance maximale qui doit séparer une habitation d’une borne incendie fait couler beaucoup d’encre et suscite bien des débats dans les conseils municipaux de l’Eure comme dans d’autres départements.

S’il n’est pas question pour Pascal Lehongre de revenir sur cette règle et de l’assouplir pour satisfaire le désir de certains de construire en périphérie et de grignoter un peu plus les terres agricoles, l’idée du président du Département n’est pas non plus de plus de créer une sécurité incendie à deux vitesses selon qu’on est habitant des villes ou habitant des champs.

« La mauvaise réponse serait de tirer la sécurité vers le bas en augmentant les distances entre les bornes et les habitations à défendre. La règle actuelle est en phase avec les moyens matériels et humains du Sdis et le maillage de défense du territoire. Elle ne doit pas changer. Par contre, nous devons aider les communes à s’y conformer », promet Pascal Lehongre.

« C’est une attente des habitants qui attendent davantage de sécurité. Mais c’est aussi un service rendu aux maires.  Leur responsabilité pourra être un jour engagée à la suite d’un incendie que les sapeurs-pompiers n’auront pas réussi à combattre faute d’un réseau adapté de défense incendie ».

Prévention des crues et protection des zones humides

La prévention est également le maître-mot qui préside à la naissance du nouveau syndicat créé à l’échelle de la vallée de la Seine afin de préserver la qualité de l’eau, des paysages et des milieux aquatiques mais surtout afin de prévenir et mieux gérer les inondations. Là encore, ce phénomène de crues de la Seine n’est plus du domaine de l’exceptionnel. Il faudra faire avec et protéger les populations et les biens de ses conséquences.

Enfin, le Département a également voté, pour les dix années à venir, son nouveau plan en faveur des territoires humides et aquatiques. Ces zones, particulièrement riches en biodiversité, sont de véritables joyaux écologiques.

Dans l’Eure, les territoires concernés sont plutôt plus importants qu’ailleurs. Mais ils ne sont pas moins menacés. Et si ces marais, ces tourbières, ces prairies et bois humides sont évidemment des abris de choix pour la biodiversité, ce sont aussi des alliés naturels et précieux dans la gestion de l’eau. Ils peuvent faire le tampon pendant les périodes de crue et restituer l’eau stockée pendant la saison sèche tout en améliorant sensiblement sa qualité. Organiser leur préservation voire leur remise en état, en partenariat avec l’État et l’Agence de l’Eau Seine Normandie, est donc aussi une façon de préparer l’avenir.

Les inondations comme ici dans le sud de l'Eure en mai 2019 vont devenir un aléa climatique de plus en plus courant
Partager la page

Ces actualités peuvent vous intéresser