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Petits meurtres en famille au Département

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31 mai 2022

Education Culture Jeunesse

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« Monsieur le Président, mesdames et messieurs les jurés, je me tiens devant vous pour défendre mon client, Jean-Baptiste Crépel. Un homme estimable, loyal et qui a toujours respecté la loi. » Cléa, 16 ans, élève au lycée Risle-Seine de Pont-Audemer, se tient droite. On la sent un peu stressée mais elle ne laisse rien paraître. Elle respire profondément entre chaque paragraphe, regarde le jury dans les yeux et tente de faire des effets de manche. Réussis.

Un jury bienveillant

Le jury du concours d’éloquence composé d’Alexandre Rassaërt et Florence Gautier, vice-présidents du Département, chargés respectivement de la Culture et de l’Éducation, n’en perdent pas une miette. Tout comme Thomas Roche, directeur des Archives départementales qui a coordonné le concours de plaidoirie. Il est aux côtés de Christelle Leboulanger, Amandine Gabriac et Alexandra Clair, responsable académique.

« Non ! Monsieur le président, mon client n’est pas coupable. C’est cet Émile Guillot, marié et père de deux enfants qui a enfreint la loi et les principes moraux pour séduire la fille Jeufosse. » Fin de la plaidoirie. Applaudissements dans l’hémicycle de l’Hôtel du Département. Durant toute la matinée, les lycéens, seuls ou par groupes, se succèdent au micro. Tous ont accompli un remarquable travail d’écriture et d’éloquence.

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Le jury aussi concentré que les élèves
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Les lauréats heureux et soulagés entourés des membres du jury

Une expérience bonne à prendre

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce mardi 31 mai 2022, les classes du lycée Georges-Dumezil de Vernon et du lycée professionnel Risle-Seine de Pont-Audemer avaient rendez-vous à l’Hôtel du Département d’Évreux pour la finale du concours d’éloquence. Intitulé « Effets de manche et fait d’archives », les lycéens finalistes inscrits à cette 7e édition devaient présenter leur plaidoirie.

« Un hémicycle est un endroit de débats, parfois même de joutes verbales », expliquait en guise d’introduction, Alexandre Rassaërt. « L’exercice auquel vous vous livrez vous sera utile dans la vie. Et retenez, même si ce n’est pas juste, que la forme compte autant que le fond. »

Et le vice-président du Département chargé de la Culture, du Patrimoine et de la Lecture de conclure d’un ton bienveillant : « Même si votre prestation aujourd’hui peut vous sembler être un échec, sachez que l’expérience est bonne à prendre. Tous ceux qui réussissent leur vie ont connu des échecs auparavant. »

Après le stress, le réconfort

Cléa, 16 ans :  « Parler devant des professionnels que l’on ne connaît pas peut déstabiliser. Pour ne pas paniquer, je souffle et je regarde les jurés dans les yeux. »

Marine, 16 ans : « Je suis super contente car j’ai réussi à aller jusqu’au bout de la plaidoirie. D’habitude, je panique tout le temps. Mais là, je ne voulais pas gâcher le travail de l’équipe. Maintenant je me sens prête pour les oraux du Bac. »

Arthur, 18 ans : « J’ai fait comme si il n’y avait personne dans la salle, c’est ce qui m’aide à gérer mon stress. Et j’avais bien révisé ce matin en partant. Je suis heureux d’avoir réussi et je me sens soulagé. »

Agathe, 17 ans : « Ce matin, j’étais partagée entre le stress et l’excitation de passer devant un jury. J’aime bien parler en public. Ça a quelque chose d’addictif. J’ai trouvé l’exercice trop court. »

Jonathan, 18 ans : « Nous avons  lu et étudié tous les documents se rapportant à l’affaire. Puis nous avons construit une plaidoirie. Au début, ça avait l’air compliqué mais au final, ceux qui ont parlé l’ont très bien fait.  »

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Cinquante lycéens étaient inscrits à cette 7e édition du concours de plaidoirie destiné aux lycéens et organisé par le service éducatif des Archives départementales de l’Eure

L’affaire

Dans la nuit du 12 juin 1857, une détonation retentit dans le parc du château de Jeufosse à Saint-Aubin-sur-Gaillon. Un homme tome à terre, mortellement touché par les plombs du garde-chasse de la famille, Jean-Baptiste Crépel. C’est Émile Guillot, le voisin. Le crime déchaîne à l’époque la curiosité publique. En décembre 1857 s’ouvre alors le procès à la Cour d’assises de l’Eure pour assassinat et complicité d’assassinat. L’emballement est tel que des mesures de police extraordinaires doivent être prises pour éviter l’invasion de la salle d’audience. Au fil des séances, le public est tenu en haleine par le récit des coups de théâtre de cette affaire.

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